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Ne me raconte pas d’histoire!

Les enfants placés ont-ils une histoire?

L’histoire d’un enfant accueilli dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance est faite de tumultes. Elle comporte sa part de souffrances, de ruptures, de traumatismes, de rencontres, et un autre possible.
Séparé de sa famille puis placé dans un foyer ou une famille d’accueil, comment cet enfant se raconte-t-il son histoire singulière? Celle d’avant la séparation, celle qui a justifié le placement, celle qui le rattache à sa famille d’accueil, alors qu’il reste attaché à ses parents.


«Travailler l’histoire de l’enfant» est devenu une formule incantatoire en protection de l’enfance. Bien sûr il existe des outils et des protocoles, le Projet Personnalisé pour l’Enfant, l’ouverture des dossiers judiciaires aux familles, l’accès pour le jeune lui-même à son dossier administratif, mais aussi l’album-photo, les carnets de vie, l’anamnèse de son parcours… Ainsi tout serait établi pour que les choses soient claires, dites, montrées. Une exigence de « transparence » qui implique que les professionnels «reprennent avec», et qu’ils «rapportent à» l’enfant.


L’histoire racontée par d’autres relève de la biographie. Comment s’y reconnaître ? «Vous m’avez statufié» disait Jean Genet à Cocteau et à Sartre qui ont écrit sa biographie contre son gré. Il ne faudrait pas croire que révéler (du latin revelare : mettre à nu) soit thérapeutique ou permette au traumatisme objectif d’être symbolisé…». (Arlette Pellé, GRAPE).
Les professionnels peuvent-ils être à l’écoute de l’enfant, et lui transmettre les informations qu’ils ont recueillies pour l’aider à construire son propre récit ? S’agit-il de dire «son» histoire à l’enfant ou de lui permettre de se fabriquer une version, sa version qui évoluera avec le temps ? Car l’enfant devient sujet à travers une histoire qu’il se construit.
Le temps du travail psychique appartient au sujet, il n’obéit pas à la temporalité des
professionnels.


Le récit de vie construit l’identité narrative. Il s’appuie sur l’appel à la mémoire constituée d’événements qui se sont effectivement déroulés, et aussi à partir d’oublis, de secrets, d’imaginaire, de souvenirs partagés et de représentations inconscientes.
Dans ce colloque nous interrogerons ce qui permet à l’enfant placé, au-delà de ce que les adultes lui racontent, de mettre en récit les éléments de sa vie telle qu’il la traverse, telle qu’il la ressent, telle qu’il la rêve.


Nous questionnerons les moyens imaginés par les adultes – éducateurs, assistants familiaux, psychologues, parents – pour ouvrir la possibilité de soutenir l’enfant dans l’élaboration de son propre récit de vie.