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Honte et culpabilité : entrave du lien avec les familles

Argument

Les destins de la culpabilité et les effets de la honte parasitent souvent à leur insu les acteurs des prises en charge. Leurs effets peuvent altérer la relation, les liens professionnels-familles ou familles-professionnels voire même interdire toute forme d’alliance et de confiance. La honte, la culpabilité, indicibles souvent, niées parfois, enferment le sujet dans un isolement coûteux ; difficile alors de se reconnaître une place à part entière. Si les jugements surmoïques impitoyables peuvent attaquer parfois cruellement l’estime de soi, le regard social dans sa normativité renforce chez le sujet un sentiment d’exclusion. Solitude rendue aigüe par la douloureuse conscience d’être « marginalisé ». Comment, dans les pratiques professionnelles, dans le quotidien de la clinique, tenir compte de cet implicite qui éloigne les prises en charge des valeurs de dignité qui les fondent ?

Programme

9h – 10h : Bernard Golse

pédopsychiatre, président des associations Cerep-Phymentin et Pikler Lóczy-France.

Se sentir coupable d’être honteux, se sentir honteux d’être coupable. La honte et la culpabilité peuvent apparaître comme des concepts voisins mais ils sont cependant distincts. La honte implique une perte de l’estime de soi (hémorragie narcissique), la culpabilité implique une dimension d’auto-reproches (perte objectale). De ce fait, la honte renvoie au Moi idéal et la culpabilité au Surmoi, mais les choses ne sont pas si simples notamment au regard du développement précoce et les deux concepts posent la question du pouvoir sur soi ou sur autrui. Peut-on se sentir coupable d’être honteux et/ou se sentir honteux d’être coupable ? C’est l’équilibre entre le courant narcissique et le courant objectal qui se trouve ainsi interrogé notamment dans le champ des dépressions des bébés et des adolescents.

10h – 11h : Serge Tisseron

psychiatre, docteur en psychologie, auteur notamment de La Honte, psychanalyse d’un lien social, Dunod, 1992

Dire la honte pour éviter qu’elle se transmette. La Honte n’est ni la pudeur, ni la culpabilité, et elle est d’autant plus redoutable qu’elle avance souvent masquée. Mais sa reconnaissance est essentielle pour mettre en route une ré-affiliation du sujet honteux à la communauté des hommes. Pour passer de « la honte qui tue » à la « honte qui sauve », il faut d’abord la reconnaître et la nommer. D’autant plus que nous la ressentons quand nous courons le risque de nous déshumaniser, mais aussi lorsque nous nous sommes éloignés, sans même nous en apercevoir, du pacte qui fonde l’humain et que nous y revenons. Et il faut retrouver les sentiments que la honte a étouffés, à commencer par l’angoisse et la colère : ces sentiments sont en effet la base à partir de laquelle la personnalité peut se reconstruire. En même temps, le fait que la honte traverse les générations a pour conséquence qu’aucune honte ne prouve rien, ni sur les raisons pour lesquelles elle est éprouvée, ni sur celui ou celle qui l’a d’abord éprouvée, ni même sur la génération concernée initialement par elle. C’est pourquoi il est essentiel d’envisager les aspects générationnels de la honte. Enfin, l’empathie est importante à chacun de ces moments, d’autant plus qu’elle est souvent bloquée chez celui qui a un jour vécu la honte : il ne peut ni se mettre à la place de l’autre, ni accepter que l’autre se mette à sa place.

11h-11h30 : Pause

11h30-12h30 : Detry Laurette

psychologue clinicienne, spécialiste de la prévention précoce et de la périnatalité.

L’expérience des carences à l’épreuve de la rencontre thérapeutique. La méconnaissance des troubles générés par le tableau des carences psycho-affectives tant dans le parcours d’enfance que la vie d’adulte peut entrainer un défaut d’appréciation clinique qui provoque impasses, ruptures, mépris, défiances mutuelles. Ressentir de la honte, voire de la culpabilité nécessite une construction psychique laissant une place importante à l’intersubjectivité. Dans les tableaux cliniques de carences lourdes l’accès, au fil de la prise en charge, à un ressenti de honte peut signer l’émergence d’un mode relationnel plus interactif.

12h30-14h : Déjeuner

14h-14h30 : Marina Stephanoff et Danielle Lefèbvre

DANIELLE LEFEBVRE, psychologue clinicienne, psychothérapeute, ex-directrice de Cap Alésia (Centre d’Accompagnement Parent-enfant) et MARINA STEPHANOFF, psychologue clinicienne, directrice Cap Alésia, Paris 12e.

Honte de moi, honte à toi, honte à nous .La honte en partage La honte traverse insidieusement le dispositif de protection de l’enfance mais elle est rarement nommée ou repérée. Comme si il y avait une honte de la honte. Honte des parents défaillants, honte des enfants d’avoir de tels parents et qu’en est-il de la honte des professionnels? La honte flirte avec la culpabilité, en ce sens elle est subjectivante mais peut-être ce travail avec la honte de l’autre pour lui-même, suppose de la part du professionnel une identification trop embarrassante. Reconnaître la honte chez l’autre n’est-ce pas prendre le risque d’être confronté à sa propre honte en tant qu’acteur dans un dispositif qui participe à la honte éprouvé par les usagers ou bénéficiaires.

14h45-16h : Équipes de l’Ermitage

Pouponnière, accueil de jour, centre maternel et centre parental. Centre de recherche et de formation Accordages.

Dignité et narcissisme au cœur de l’accompagnement. Les familles accompagnées dans les différents services de l’Ermitage (pouponnière, centres maternels et parental et accueil de jour), victimes d’exclusion et de solitude, se sentent souvent marquées par le sceau de la honte et de la culpabilité car stigmatisées par la société à travers leurs difficultés et celles de leurs enfants. Comment nous, professionnels, pouvons-nous les rejoindre suffisamment dans leur quotidien afin de soutenir, contenir et faire émerger leurs compétences propres et ainsi renforcer leur dignité et leur narcissisme ? Nous témoignerons autour de ces questions et des effets qu’elles produisent sur les professionnels à partir de l’exposé de vignettes cliniques qui seront analysées et commentées par Mme Marie Frieh, psychologue clinicienne à l’Ermitage.

16h-17h : Dumora Marie

Cinéaste

Du particulier à l’universel : une histoire de frontière Au cours de ses tournages, Marie Dumora s’est constitué un territoire de cinéma dans l’Est de la France, le personnage d’un film l’entrainant vers le film suivant comme un fil d’Ariane. Dans ses films, il est souvent question d’enfances, d’adolescences, d’initiations, de baptêmes, de mariages, bref, de la vie et de ce qui probablement nous est commun par-delà la singularité de nos histoires. Pour avoir souvent accompagné ses films lors de projections et échangé avec divers publics, la cinéaste a pu mesurer combien nous percevons les films avec ce que nous sommes et combien les frontières peuvent être ténues ou au contraire insurmontables.

La bande annonce de Bernard Golse

Informations pratiques

Où? Espace Reuilly, Paris : 21 rue Antoine-Julien Hénard 75012 Paris – Métro 8, station Montgallet

Quand? 14 février 2019

Combien? 90 € inscription formation continue – 50 € inscription individuelle

Informations complémentaires et inscription